FESTIVAL D’AVIGNON/Un débat prévisible

Des anciens contre les modernes

Pourtant clôturé, le Festival d’Avignon continue de susciter des prises de position tout azimut sur des questions hélas super prévisibles. « Y a-t-il une querelle des anciens et des modernes ? » s’interroge dans un élan totalement spontané une bonne partie de la presse (Le Figaro, La Provence, Le Nouvel Obs, Télérama, L’Humanité, France Inter, Le Point, Politis, etc.). Les éditorialistes opposent avec acharnement le théâtre traditionnel à la programmation d’Avignon 2005, des oeuvres jugées avant-gardistes, parisiennes, autistes, mortifères, faussement provocantes, susceptible de flatter les égos des artistes. Pas moins. Deux constats s’imposent. D’abord la presse est largement réac, pas seulement au Figaro. Parler de « sarkozysme culturel » comme l’ont fait les Inrocks (27/07) et Charlie Hebdo (27/07) ne semble pas exagéré. Ensuite les élus politiques UMP, que l’on attendait au moins aussi virulents que la presse, se sont montrés étonnamment discrets, à l’image d’un Renaud Donnedieu de Vabres dans Libé (23/07) qui joue l’apaisement : « Si Avignon n’était pas électrique, ce serait Le Puy du Fou ». Humour. Pas de clivage entre droite et gauche mais peut-être entre les générations. Toujours dans Charlie (27/07) son rédacteur en chef, Philippe Val, évoque un public âgé à la différence des metteurs en scène et des chorégraphes. « Les créateurs jouent devant un public qui a en moyenne quinze ans de plus qu’eux. Le problème d’aujourd’hui est d’ordre statistique. Les enfants ne sont pas assez nombreux pour faire entendre leurs voix. » Pas faux. Les jeunes, en augmentation depuis l’arrivée du duo de direction Archambault et Baudriller, sont plus nombreux, très enthousiastes mais restent minoritaires. L’explication de Val, sans doute juste, pose néanmoins problème : peut-on admettre que les œuvres les plus hybrides, les plus nouvelles, ne trouvent écho qu’auprès d’un public de 15-35 ans ? Pour sortir du dilemne entre anciens et modernes, il devient nécessaire de reformuler les questions en jeu. Dans une tribune du Monde (30/07), Olivier Py, directeur du CDN d’Orléans invite à abandonner l’alternative. « Ne nous reste-t-il plus que le dilemme entre un théâtre poussiéreux et patrimonial et une modernité qui cache son vide sous le renouvellement des formes ? ». Plutôt que d’opposer les mots aux images, les anciens aux modernes, le metteur en scène recommande de réfléchir à une parole qui n’appartiendrait pas nécessairement au texte écrit mais aussi aux images. Le débat commence à sortir des clichés. Tant mieux.

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